Kepler : la moitié des planètes identifiées n’en serait pas

La mission spatiale Kepler s’avère féconde depuis sa mise en service en 2009 avec la découverte de près de la moitié des exoplanètes connues à ce jour. Aujourd’hui, ces résultats sont toutefois contestés. Parmi les 1030 candidats confirmés parmi les données de Kepler, un peu plus de la moitié de ces objets identifiés comme des exoplanètes n’en seraient pas.

Telle est la conclusion à laquelle Alexandre Santerne et son équipe sont arrivés après avoir mené une longue campagne de suivi de cinq ans à l’aide du Spectrographe pour l’Observation des Phénomènes des Intérieurs stellaires et des Exoplanètes (SOPHIE) installé au télescope de 1,93 m de l’Observatoire de Haute-Provence en France.

Alexandre Santerne et ses collaborateurs ont sélectionné 129 planètes candidates parmi les données de Kepler les ont observé à l’aide de la méthode des vitesses radiales (RV) afin d’en confirmer la nature. Ces objets ont été choisis en fonction de leur période orbitale, estimée à moins de 400 jours, ainsi qu’une variation de la luminosité de l’étoile-hôte de 0,4 à 3 % lors du transit. Tous ces objets étaient réputés être des exoplanètes géantes (gazeuses).

La méthode RV consiste à mesurer les variations de vitesse de l’étoile-hôte le long de la ligne de visée qui sont engendrées par l’attraction gravitationnelle d’une ou plusieurs exoplanètes en orbite autour de cette étoile. Ces variations se traduisent par un déplacement des raies spectrales : pour des objets se rapprochant de nous, les raies sont décalées vers le bleu tandis que pour des objets s’éloignant de nous, les raies sont décalées vers le rouge.

Selon cette étude approfondie, l’équipe d’Alexandre Santerne a confirmé que seuls 45 des 129 candidats sont de véritables exoplanètes. Trente de ceux-ci avaient déjà été identifiés comme des planètes extrasolaires et 15 se sont ajoutés à la liste. La nature des 84 autres candidats est toute autre : des naines brunes (3), des systèmes stellaires multiples (48 étoiles binaires à éclipses ainsi que 15 autres systèmes plus complexes) ainsi que des objets de nature indéterminée (18).

Cet article souligne l’importance du processus d’identification des exoplanètes à l’aide de méthodes de détection complémentaires.

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Image : Vue d’artiste du télescope spatial Kepler. Crédit : NASA Ames/ W. Stenzel.